L’art du
bois au Maroc occupe, depuis une période très
ancienne, une place très importante dans l’architecture
et dans le mobilier. Il révèle différentes
techniques (sculpture, gravure, tournage, découpage,
peinture et enluminure, marqueterie et incrustations
et cloutage…) auxquelles se consacrent les artisans
spécialisés : menuisiers, sculpteurs
sur bois, tourneurs peintres sur bois etc.
Le travail du bois à usage monumental, art
et technique à la fois, attesté dès
l’époque Idrisside (VIII° - X° siècle)
à Fès, prit un développement
considérable sous les dynasties Mérinides
(XIII° - XV°),grands bâtisseurs qui
dotèrent la ville d’édifices religieux
et civils. L’art du bois dans le mobilier est connu
dès le X° siècle avec la fameuse
chaire à prêcher (minbar) de la mosquée
des Andalous à Fès qui contient les
prototypes des motifs et procédés décoratifs
de l’art ultérieur.
En architecture comme dans le mobilier, le cèdre
des forêts du moyen Atlas, imputrescible et
odoriférant, devenu rare actuellement, était
le bois le plus employé, notamment à
Fès.
Dans le domaine du mobilier
citadin, tables, canapets, chaises, étagères
et bibliothèques, sont les réalisations
les plus marquantes. Leur décor sculpté
allie comme autrefois, les ressources de la flore
(palmes et palmettes, entrelacs floraux…) et de la
géométrie (entrelacs rectilignes, chevrons,
étoiles…). Leur décor procédant
parfois de l’architecture (arcatures), s’inspire de
celui du mobilier liturgique. Dans le domaine architectural,
de beaux palfonds ou portes sculptés présentent
généralement une ornementation géométrique
de souche très ancienne qui révèle
les traditions du pays tenant du fonds commun de la
civilisation méditerranéenne.
Certaines
réalisations actuelles reprennent les motifs
complexes à entrelacs rectilignes des chaires
médiévales.
Les artisans dans ce domaine continuent de nous émerveiller
par leur production d’une grande finesse d’exécution
: songeons aux frères BENLEMLIH fondateurs
de la société Univers Wood, à
la fois concepteurs,sculpteurs et dont la rénomination
mondial a travers leurs oeuvres exportés a
titre d'exemple en 2005 notamment en Espagne, Tajakistan
et en Californie - U.S.A
La peinture ornait le bois d'architecture et le mobilier.
Elle se bornait le plus souvent à souligner
les effets de la sculpture. Dès le IX°
siècle, des rehauts de peinture rouge agrémentait
la poutre Idrisside de la Mosquée al-Qaraouiyin
à Fès datée de 877 (J.-C). Au
X° siècle, la chaire de la mosquée
des Andalous était peinte. A toutes les époques
de l'art hispano-mauresque, les ornemanistes ont su
tirer parti des ressources de la couleur, dans leurs
boiseries, leurs stucs, leurs carreaux de faïence
(zellige), leurs vitraux... de même qu'Ils ont
eu recours aux jeux d’ombres et de lumière,
ménagés par les différentes techniques
sculpturales (champlevé, sculpture en relief
s'efforçant vers la ronde-bosse, découpage
à jour…).
Les réalisations
mobilières actuelles restent fidèles
à la tradition décorative malgré
l'emploi de certains produits modernes (couleurs).
La polychromie souvent vive, met en œuvre des motifs
d'inspiration végétale ou géométrique,
parfois déjà ciselés dans le
bois. Si ces motifs accusent une certaine évolution,
leur symbolisme est toujours en vigueur.
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